La protestation montre son impacte – y compris au Luxembourg!

Lors d’un appel public le 9 mars 2017, 12 activistes du Luxembourg ont exigé du gouvernement, de BNP Paribas et du fonds de compensation (FDC) de mettre un terme à leurs investissements pour le  Dakota Access Pipeline. Pendant les protestations mondiales contre ce pipeline très controversé, il était apparu que le fonds de pension luxembourgeois investissait massivement dans les entreprises impliquées dans la construction de la Dakota Access Pipeline, de même que BNP Paribas, dans laquelle l’État luxembourgeois a des parts. Lors les semaines suivantes plus de 120 citoyen-e-s ont rejoint l’appel.

Parallèlement, dans le monde entier, des ONG ont exigé des banques qui financent la Dakota Access Pipeline de revoir leur participation et de se retirer. Plusieurs actions ont eu lieu aux Etats-Unis et en Europe, comme en Norvège (DNB), aux Pays-Bas (ABN Amro, ING), en Allemagne (Bayern LG), en France (BNP Paribas), en Suisse (Crédit Suisse), etc.

La DNB norvégienne était une des premières banques à céder à la pression et à retirer son soutien financier aux sociétés d’exploitation de la Dakota Access Pipeline. La banque suédoise  Nordea a également interrompu toutes relations avec les exploitants de la pipeline. Suite à une mobilisation continue la banque allemande Bayern LB a décidé de se retirer du projet fin février, ainsi que la banque néerlandaise ABN Ambro, et ING a annoncé vérifier sa participation.

La mobilisation au Luxembourg a également porté ses fruits puisque nous avons réussi à remporter un succès important: suite à la protestation le FDC a décidé de retirer son soutien aux entreprises impliquées dans le Dakota Access Pipeline, telles que Enbridge, Enbridge Energy Partners, Enbridge Transfer Partners LP, Phillips 66 et Jerusalem Economy Ltd. Nous imputons ce résultat à la protestation locale, qui a été soutenue par les organisations de la plateforme Votum Klima. La preuve qu’une mobilisation cohérente paie!

Le fonds de compensation, BNP Paribas et ING plient

De même BNP Paribas a annoncé publiquement le 5 avril avoir vendu ses parts dans les entreprises de la Dakota Access Pipeline. ING l’avait déjà fait fin mars. Encore un succès de la mobilisation internationale!

Connu pour son soutien inconditionnel à l’industrie extractive, Donald Trump avait annulé le gel de la construction de son prédécesseur Barak Obama, qui avait exigé des études environnementales intensives;  le 24 janvier, 4 jours après son investiture, Donald Trump ordonna la reprise des travaux de construction du pipeline. Ces derniers ont été terminés en mai et à partir du 1er juin le brut issu des forages du fracking en Dakota du Nord a commencé à couler dans le pipeline jusqu’en Illinois.

Après que la requête de la tribu des Sioux de  Standing Rock du Dakota du Nord aie été rejetée des tribunaux deux fois, ceux-ci ont fait par devant la justice de leur  crainte que le pipeline menace l’accès à l’eau de 17 millions de personnes a été reçue mi juin. À ce moment, le juge fédéral James Boasberg a donné raison à la tribu des Sioux et exigea une vérification approfondie de l’impact du pipeline sur les réserves d’eau. Cette vérification durera probablement jusqu’à l’année prochaine.

Pour les Sioux comme pour leurs supporters, les quelques 200 ethnies indigènes d’Amérique du Nord et du Sud et les activistes des mouvements de protection de l’environnement et du climat, cette décision est une reconnaissance de leurs préoccupations et demandes. L’ordonnance du tribunal ouvre la possibilité que le pipeline fonctionnant depuis mai puisse être arrêté. Pour cela de nouvelles auditions des Sioux et des exploitants du pipeline seront nécessaires.

Autant nous nous réjouissons du retrait du FDC de la Dakota Access Pipeline, autant la politique d’investissement du fonds reste douteuse dans certains secteurs. Le FDC continue de soutenir et de financer des entreprises ayant des activités nocives pour l’environnement et le climat. Et ce malgré la facilité d’exclure ces entreprises des bénéficiaires du FDC en se basant sur l’accord de Paris.

Ni transparence, ni débat public…

La  manière dont le FDC s’est retiré de ces entreprises nous dérange : secrètement et sans bruit. Les 16 juin, le FDC a publié une brève sur son site internet. Rien de plus: pas de communiqué de presse, pas d’explication additionnelle, pas d’argumentaire ni de critères sur la raison de l’exclusion ou non de ces entreprises.

Le fonds de pension norvégien nous montre cependant que  cela peut être fait différemment:  il explique chaque décision ainsi que le pourquoi de l’exclusion d’une entreprise.

Quand à la discussion tant attendue avec les ONG et les députés sur les critères d’investissement du FDC promise au parlement par le gouvernement depuis un certain temps, nous l’attendons toujours!

En tout cas la mobilisation continue tant pour l’exclusion du FDC d’entreprises violant les droits humains et nocives à l’environnement et au climat, que contre le Dakota Access Pipeline, et ce pour les mêmes raisons!